Le thermostat reste à 21 °C pendant que la maison est vide.

Pour des plinthes électriques au tarif D, maintenir la même température ne revient pas moins cher. Une consigne abaissée pendant plusieurs heures réduit normalement les kilowattheures consommés, même s’il faut réchauffer ensuite.

Ce qu'il faut retenir

  • Le tarif D en vigueur le 1er avril 2026 facture 7,065 ¢ le kilowattheure pour l’équivalent des 40 premiers kWh par jour et 11,142 ¢ au-delà.
  • Hydro-Québec recommandait, dans une page consultée le 8 septembre 2026, d’abaisser la température de 2 à 3 °C la nuit et pendant une absence de quelques heures.
  • Dans notre scénario de maison mal isolée, passer de 21 à 18 °C pendant huit heures retranche environ 6 à 13 $ CA d’une facture mensuelle de 433 $ avant taxes.
  • Le montant réel dépend de la météo, de l’isolation, de l’inertie du bâtiment et du système de chauffage.

Une maison plus fraîche perd moins de chaleur

Un thermostat ne commande pas aux plinthes de produire doucement ou vite selon le chiffre affiché. Il les met en marche pour atteindre la consigne, puis les coupe quand elle est atteinte. Dans sa page « Effet de l’abaissement de la température sur la consommation », consultée le 8 septembre 2026, Hydro-Québec explique qu’un passage de 21 à 18,5 °C arrête le chauffage jusqu’à ce que la pièce descende à 18,5 °C.

Pendant ce temps, la maison continue de perdre de la chaleur, mais l’écart entre le dedans et le dehors diminue à mesure qu’elle refroidit. Hydro-Québec rappelle, dans « Les cinq facteurs qui font varier votre facture », consultée le 8 septembre 2026, que plus il fait froid dehors, plus la maison se refroidit et plus le chauffage travaille pour maintenir la consigne. Le même mécanisme joue dans l’autre sens quand tu baisses celle-ci.

Oui, les plinthes repartiront au retour et pourront fonctionner sans arrêt un bout de temps. Mais cette remontée ne crée pas magiquement une consommation supérieure à celle qu’aurait exigée le maintien à 21 °C pendant toute l’absence. Ce qui compte sur le compteur, c’est l’énergie totale en kilowattheures. Laisser le thermostat sous tension, d’accord. Le laisser à la même température quand y a pas un chat, non : c’est là que l’électricité part pour rien.

Une vieille maison économiserait ici de 6 à 13 $ par mois

Prenons un exemple volontairement gourmand : une maison mal isolée en région, chauffée uniquement par plinthes, pendant une période froide de 30 jours. On suppose 4 200 kWh au compteur, dont 3 600 kWh pour le chauffage, une température constante de 21 °C dedans et une moyenne de −10 °C dehors. Ce n’est pas une moyenne québécoise ni une prévision pour ta maison; c’est un cas de calcul.

Selon les tarifs d’Hydro-Québec en vigueur le 1er avril 2026, le tarif D comprend des frais d’accès de 46,154 ¢ par jour, 7,065 ¢ le kWh pour l’équivalent de 40 kWh par jour et 11,142 ¢ ensuite. Sur 30 jours, notre facture hypothétique atteint 432,89 $ CA avant taxes : 13,85 $ de frais fixes, 84,78 $ pour les 1 200 premiers kWh et 334,26 $ pour les 3 000 suivants.

On abaisse maintenant la consigne de 21 à 18 °C pendant huit heures par jour. La maison ne tombe pas instantanément à 18 °C; on pose donc que sa température moyenne pendant cette plage baisse de 1,5 à 3 °C. Avec une perte moyenne de 5 kW à 21 °C — les 3 600 kWh de chauffage divisés par 720 heures — le modèle retranche de 58 à 116 kWh sur le mois. Comme ces kWh sont dans la deuxième tranche, cela vaut de 6,47 à 12,94 $ CA. La facture descendrait donc autour de 420 à 426 $ avant taxes.

Méthodologie

Scénario illustratif, pas mesure réelle : 30 jours, 4 200 kWh au total, 3 600 kWh de chauffage résistif, 21 °C dedans, −10 °C dehors et huit heures d’abaissement quotidien. La perte de chaleur est supposée proportionnelle à l’écart de température. Les taxes, la tarification dynamique et une éventuelle facturation de puissance sont exclues.

L’isolation et le type d’appareil changent le résultat

Notre fourchette est modeste : environ 1,5 à 3 % de la facture entière. Elle grossit ou rapetisse avec le vent, le soleil, les ouvertures de porte, la température extérieure et la vitesse à laquelle la maison refroidit. Dans sa page sur les facteurs de la facture, consultée le 8 septembre 2026, Hydro-Québec indique qu’une mauvaise isolation des murs, des combles et des fondations peut entraîner jusqu’à 40 % de pertes de chaleur; les fuites d’air peuvent représenter 25 %. Ces pourcentages décrivent des sources qui peuvent se chevaucher : on ne les additionne pas.

Hydro-Québec conseillait aussi, dans sa page « Conseils pour économiser sur le chauffage » consultée le 8 septembre 2026, de diminuer la consigne de 1 °C et d’abaisser la température des pièces inoccupées. Pour une absence de quelques heures, sa page sur les facteurs de facture propose plutôt 2 à 3 °C. On s’entend-tu que couper complètement le chauffage d’une maison en plein hiver et programmer une baisse raisonnable, c’est pas la même affaire? Notre calcul porte sur la deuxième option.

Il ne faut pas transposer les 6 à 13 $ tels quels à une thermopompe, à un plancher radiant, à la biénergie ou au tarif Flex D. Leur rendement, leur inertie ou leur prix selon l’heure changent le calcul. Pour ton propre bâtiment, il faut comparer des consommations mesurées sous une météo semblable. C’est là que la facture d’énergie rencontre l’efficacité du bâtiment : le thermostat aide, mais il ne répare pas une trappe de grenier qui fuit.

Ce qu'on ne sait pas encore

  • La température intérieure moyenne réelle pendant les huit heures d’abaissement n’est pas mesurée dans notre exemple.
  • Le calcul ne chiffre pas l’effet du vent, du soleil, des infiltrations d’air ni de la masse thermique de la maison.
  • Les économies des thermopompes, des systèmes radiants, de la biénergie et des tarifs dynamiques restent hors de ce scénario.
  • Sans données horaires du compteur et température extérieure comparable, on ne peut pas promettre un montant précis à un ménage.