Ce qu'il faut retenir

  • La rétrospective du tournoi 2025 date le passage du tableau principal de l’US Open à quinze jours.
  • La WTA inscrit l’édition 2026 du 30 août au 13 septembre, avec 128 joueuses en simple et 64 équipes en double.
  • La page récapitulative de 2026 chiffre la rémunération totale des joueurs à 108 millions de dollars américains, contre 90 millions en 2025.
  • Allonger le tournoi collectif ne garantit pas davantage de récupération à chaque athlète.

Le calendrier s’ouvre maintenant un dimanche

Dimanche 30 août 2026. Le tableau principal commence à New York et court jusqu’au 13 septembre, selon la fiche officielle de la WTA consultée le 8 septembre 2026. Il rassemble 128 joueuses en simple et 64 équipes en double. Quinze jours de vitrine, de billets et de diffusion.

On va se le dire : un calendrier sportif est à la fois un plan de charge pour les corps et un plan d’affaires pour l’organisateur. La page récapitulative du tournoi 2025, qui renvoie au communiqué de l’USTA du 29 janvier 2025, date le passage à quinze jours et le premier départ de fin de semaine de l’ère moderne. En 2026, ce format est toujours là.

C’est le changement que les recherches sur les joueurs et les résultats pendant le tournoi laissent facilement hors cadre. Le spectacle paraît plus long. Pour chaque athlète, cependant, la récupération n’est pas automatiquement plus longue.

Le dimanche crée d’abord de l’inventaire

Une journée de tableau principal en plus crée mécaniquement des plages de billetterie, de diffusion et de commandite. C’est un avantage commercial pour l’organisateur. C’est aussi un accès supplémentaire pour les amateurs disponibles la fin de semaine. Les documents publics consultés ne ventilent toutefois ni le revenu net de ce dimanche ni sa répartition entre l’USTA, les diffuseurs, les partenaires et les joueurs.

Ce n’est donc pas une combine cachée. C’est une expansion visible du produit. La bonne question n’est pas de feindre la surprise, mais de vérifier combien de la valeur additionnelle revient aux athlètes et combien sert à mieux gérer leur charge.

Sur ce point, le tableau de pointage est incomplet. La hausse de la rémunération en 2026 montre que les joueurs obtiennent davantage. Elle ne démontre pas que l’ouverture du dimanche en est la cause. Corrélation commerciale n’est pas partage contractuel.

Quinze jours ne garantissent pas plus de récupération

La récupération, ici, désigne le temps nécessaire pour refaire les réserves énergétiques, dormir, traiter les douleurs et retrouver une capacité normale d’effort. Étaler le premier tour peut réduire la congestion générale des terrains. Cela ne garantit pas une journée de repos de plus au joueur qui avance. Le calendrier collectif s’allonge; le calendrier individuel dépend encore de l’heure de fin d’un match et de l’heure du suivant.

Il faut aussi regarder ce qui arrive avant New York. Une étude de cohorte publiée le 21 novembre 2025 a analysé 20 293 nuits chez 52 joueuses professionnelles. La première nuit après un déplacement, chaque fuseau horaire traversé était associé à 11,3 minutes de sommeil en moins. L’étude n’a toutefois pas trouvé de lien significatif avec la performance en match.

Autrement dit, le sommeil bouge clairement, mais on ne peut pas transformer cette association en verdict automatique sur le résultat. Le format de quinze jours peut faciliter l’exploitation du site sans régler la charge de déplacement qui précède le tournoi.

Les joueurs gagnent plus, sans preuve sur les blessures

La page récapitulative de l’US Open 2026 chiffre la rémunération totale à 108 millions de dollars américains, contre 90 millions en 2025. Elle indique 140 000 $ US pour une défaite au premier tour du simple et 5,5 millions pour chaque championne ou champion. C’est concret. Ce n’est pas encore la preuve que les revenus du dimanche financent précisément ces hausses.

Même prudence du côté des blessures. Une étude publiée le 21 novembre 2025 a examiné 706 816 matchs féminins joués de 1975 à 2024. Elle a trouvé 5,3 forfaits avant match par tranche de 1 000 rencontres et une légère remontée dans les années récentes. Mais 89,4 % des causes de forfait étaient inconnues, et les données s’arrêtent avant l’élargissement de l’US Open.

Impossible, donc, de soutenir que le dimanche ajouté protège déjà les corps — ou qu’il les abîme. Un athlète qui se présente diminué n’est pas une preuve de courage organisationnel. C’est un signal à mesurer. Ici, nous n’avons pas encore la mesure.

Ce qu'on ne sait pas encore

  • Le revenu additionnel net produit par le dimanche d’ouverture n’est pas publié dans les sources consultées.
  • Aucun résultat public ne montre encore que le format de quinze jours réduit les blessures, les forfaits ou la fatigue.
  • Les documents consultés n’établissent pas quelle part de la hausse de rémunération vient de cette journée supplémentaire.

L’USTA doit publier la vraie feuille de charge

Pour juger le format, il faut mieux que le nombre de jours imprimé sur l’affiche. Dès l’édition 2026, l’USTA devrait publier quatre mesures anonymisées : l’heure de fin de chaque match, l’intervalle jusqu’au match suivant, la durée totale passée sur le court et les retraits médicaux par tour. Un minimum de 48 heures entre la fin d’un match et le début du suivant devrait devenir la cible explicite, avec les exceptions rendues publiques.

L’organisateur devrait aussi isoler les revenus et les coûts du dimanche afin de montrer ce qui retourne aux joueurs. Ce sont les deux côtés de la feuille : la charge et l’argent.

Ajouter une journée peut être une bonne décision : plus d’accès, moins d’embouteillage au premier tour, plus de valeur à partager. Mais il faut arrêter de confondre la longueur du tournoi avec le repos de l’athlète. Ce sont deux chronomètres différents. Tant que l’USTA ne publie pas le second, l’expansion reste surtout une victoire de calendrier commercial.