Le matin froid, tu passes un doigt au bas de la vitre et il revient mouillé. Pas une fuite spectaculaire, pas un tuyau crevé : juste assez d’eau pour détremper le cadrage si ça recommence. Ça a l’air banal. Ça ne l’est pas toujours.

Ce qu'il faut retenir

  • Le 14 janvier 2025, Ressources naturelles Canada rappelait que la condensation se forme lorsque l’air atteint 100 % d’humidité relative au contact d’une surface froide.
  • Le 22 février 2023, Santé Canada recommandait une humidité intérieure de 30 % à 50 %.
  • Le 3 décembre 2025, Québec associait la condensation dans les fenêtres aux excès d’humidité que la ventilation doit évacuer.
  • Le 30 novembre 2022, Québec indiquait qu’une condensation régulière peut signaler une humidité ambiante trop élevée.

La vitre fait franchir le point de rosée

L’air de la maison contient de la vapeur d’eau. Quand cet air se refroidit contre une vitre, sa capacité à garder cette vapeur diminue. Il finit par atteindre le point de rosée : l’humidité relative arrive localement à 100 %, puis une partie de la vapeur devient liquide. C’est le mécanisme décrit par Ressources naturelles Canada dans une page mise à jour le 14 janvier 2025.

Le bout important, c’est « localement ». Ton hygromètre peut afficher un taux raisonnable au milieu du salon pendant que la mince couche d’air collée au vitrage est beaucoup plus froide. La fenêtre devient alors le premier endroit où l’eau paraît, même si toute la pièce n’est évidemment pas remplie de brouillard.

Pourquoi surtout au bas de la vitre ? Une note technique du Conseil national de recherches du Canada publiée en avril 1960 explique que l’air entre les vitrages est plus froid en bas qu’en haut; la surface intérieure y refroidit donc davantage. Cette note est archivée et ne remplace pas les normes actuelles, mais le mécanisme physique demeure utile pour comprendre la petite ligne d’eau sur l’appui.

Le froid extérieur, le nombre de vitrages, le cadre et le mouvement d’air devant la fenêtre changent tous la température de surface, selon cette même note du Conseil national de recherches. Fermer des rideaux épais peut donc modifier la circulation d’air chaud devant le verre. Une fenêtre neuve aide parfois, mais « vitre mouillée » ne veut pas automatiquement dire « fenêtre finie ».

L’eau vient souvent des activités ordinaires

Une douche, une brassée de lavage, une casserole qui mijote : tout ça met de la vapeur dans l’air. Ressources naturelles Canada énumérait aussi, le 14 janvier 2025, le nettoyage, les plantes, les aquariums et les humidificateurs parmi les sources intérieures. Dans une maison plus étanche, cette humidité ne disparaît pas par politesse. Il faut l’extraire ou réduire la source.

Le gouvernement du Québec indiquait le 3 décembre 2025 qu’une ventilation insuffisante laisse s’accumuler l’humidité produite par les bains, les douches et la cuisine. Il recommande notamment une hotte qui rejette dehors, un extracteur de salle de bain et, dans une maison typique récente, un ventilateur récupérateur de chaleur. Un appareil qui fait seulement recirculer l’air dans la cuisine ne sort pas cette vapeur.

Avant de magasiner des fenêtres à plusieurs milliers de dollars, mesure donc ce qui se passe. Santé Canada recommandait le 22 février 2023 de maintenir l’humidité intérieure entre 30 % et 50 %. Québec donnait, le 30 novembre 2022, une plage habituelle de 30 % à 55 % pour prévenir la condensation et rappelait qu’un hygromètre se trouve à peu de frais en quincaillerie.

Ces plages ne sont pas une garantie. Plus il fait froid dehors et plus la vitre refroidit, plus la condensation peut apparaître à un taux pourtant acceptable pour le reste de la maison. Monter seulement le chauffage peut masquer le problème sans enlever l’eau : Québec l’expliquait le 3 novembre 2025. Pour régler la température sans chauffer les murs pour rien, notre article sur le chauffage laissé allumé toute la journée donne le principe général.

L’endroit exact de la buée change le diagnostic

Si tu peux essuyer l’eau du côté de la pièce, tu vois le résultat d’un air intérieur humide qui rencontre une surface froide. Commence par vérifier l’hygromètre, utiliser les ventilateurs d’extraction et dégager la circulation d’air devant la vitre. C’est pas mêlant : on mesure avant d’acheter une solution.

Si la buée est emprisonnée entre les panneaux d’un vitrage scellé, baisser l’humidité de la cuisine ne réparera pas le joint. Une note du Conseil national de recherches publiée en mai 1960 décrit comment une fuite du scellement laisse monter le point de rosée dans l’espace inaccessible jusqu’à permettre la condensation. Le document est historique, donc un diagnostic de fenêtre moderne doit tenir compte du modèle et de son installation; le simple emplacement de la buée reste néanmoins un indice concret.

Il faut aussi regarder ce qui se passe autour. Le gouvernement du Québec rappelait le 30 novembre 2022 que des taches noires, des odeurs de moisi, des cernes et des matériaux qui gondolent peuvent révéler un problème d’humidité ou d’infiltration. La même page recommande d’assécher un dégât d’eau en 24 à 48 heures et de corriger sa cause. Essuyer la vitre chaque matin sans chercher plus loin, ça a pas d’allure si le bois reste mouillé.

La bonne réponse n’est donc ni « change toutes tes fenêtres » ni « ouvre-les en grand tout l’hiver ». Elle dépend de la source d’eau, de la température du vitrage et de la ventilation. Tu trouveras d’autres explications pratiques sur l’enveloppe, l’énergie et le climat dans notre dossier Environnement.

Ce qu'on ne sait pas encore

  • Il n’existe pas un taux d’humidité universel qui empêchera la condensation sur toutes les fenêtres : le seuil dépend notamment du froid extérieur, du vitrage, du cadre et de la circulation d’air.
  • Sans voir où l’eau se forme et sans mesurer l’humidité, on ne peut pas départager à distance un excès d’humidité, une surface anormalement froide, une infiltration ou un scellement défaillant.
  • Les notes techniques du Conseil national de recherches citées pour le mécanisme datent de 1960 et sont archivées; elles ne servent pas à juger la conformité d’une installation actuelle.